Dans la ville, nous ne voyons pas toujours les choses évidentes, nous ne nous y intéressons pas parce qu’elles ne rentrent pas dans les codes de la société.
Et si un espace délaissé ou un objet auquel nous ne faisons pas attention, avait plus de valeur que tous les autres objets existants et fonctionnels ?
ADD, Afrique Design Daily les identifie comme le design non perçu. Et si l’invisible devenait visible ?

Quand j’étais petite, je fabriquais moi-même mes jouets” nous conte Marcelle Ballow.
Replongeons donc dans son enfance au Cameroun dans le village de Nanga-Eboko.

“Je les fabriquais parce que c’était ma manière à moi de m’amuser. Création et récréation allaient de pair.
Je réalisais plutôt des poupées, des personnages qui pouvaient me ressembler. Mais il m’arrivait aussi de construire des voitures en bambou. La matière première de mes créations était du papier ou des matériaux végétaux, comme l’épis de maïs égrené ou non formé. L’enveloppe me servait pour les cheveux et l’autre partie devenait le corps.
Je ressentais du bonheur. Une certaine insouciance qui fait que chaque geste même anodin amène sa part de bien-être.
Tout ce que j’ai appris, je le tiens des mes aînées. C’est un peu un héritage.”

De quoi un enfant a-t-il besoin pour s’épanouir après avoir mangé, dormi et étudié ? Évidemment il a besoin de s’amuser.
Aujourd’hui, il existe une multitude de distractions pour développer et stimuler l’esprit créatif d’un enfant. Par le jeu, il apprend, et par cet apprentissage, il se construit. Il utilise des jeux éducatifs, des jouets ( poupées, voiture, camionnette, personnages etc … ) ; mais aussi des éléments prédéfinis lui permettant de créer un objet avec son propre imaginaire.

Crédit photo : ariniaina.mondoblog.org

En Afrique, on voit souvent des enfants fabriquer leurs propres jouets. Faute de moyen ou par pur plaisir, ils ont tous la même joie  à la fin de leur réalisation !
Ce savoir-faire est transmis de génération en génération grâce à  l’entourage (la sœur, le cousin, l’oncle, le père, la mère ou le voisin).
Les matériaux utilisés sont généralement naturels : tiges de mil, tiges de régime de banane, de manioc, bois de palmier, de raphia, de fromager, noix de rônier, calebasses, terre… ou encore récupérés : fil de fer, boîtes de conserve, chambre à air, stylos…

L’association Wotoroni a consacré une exposition à ces compositions ludiques.
Elle a commencé par constituer une collection de jouets dans le but de montrer un aspect méconnu de l’Afrique.

“Nous avons vécu près des enfants et nous les avons vus aider leurs familles, aller à l’école, jouer, fabriquer, réparer leurs jouets dans chacun des pays d’Afrique que nous avons traversés. Nous savons que les enfants sont de grands observateurs. Les objets qu’ils voient, soit des automobiles ou bien n’importe quel instrument que les grandes personnes fabriquent. Ils en aperçoivent la forme extérieure. Ils se font une idée, ils imaginent eux-mêmes comment trouver des fils de fer, des boîtes vides pour essayer de fabriquer des objets selon leur propre imagination. Parfois même, ils nous apportent des jouets dont la fabrication nous cause beaucoup de surprise.” Affirme M. Salif  Diallo, Directeur d’école primaire à Kita, Mali.

www.pinterest.com, photo de P. Joaquin

Pour garder cette âme d’enfant, ce plaisir de fabriquer pour s’épanouir, nous devrions prendre exemple et continuer de créer en nous  amusant.

Nous vous invitons donc à faire une activité, qui a peut-être marqué votre enfance …
Pour cela, prenez une feuille A4, une paire de ciseaux, un crayon et commencez en vous inspirant des images ci-dessous.

Suivez le même processus, sans les cheveux si vous voulez réaliser des poupées de sexe masculin.

 

Crédits photos : Afrique Design Daily
Flore.

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