Ces photos, signées Philippe Bordas, ont été réalisées en argentique entre 2011 et 2014 dans les rues de la capitale Ouagadougou. Elles forment le dernier volet d’une œuvre au long cours, intitulée “L’Afrique héroïque”.

Les cavaliers mossis du Burkina Faso, de Philippe Bordas
Torse nu ou en habit de soirée, les jeunes se déplacent dans la capitale et ses alentours juchés sur leur monture. Ils se donnent rendez-vous devant un bar ou une boîte de nuit, se retrouvent à des spectacles ou des cérémonies. Ils rappellent ainsi à tous le culte équestre de la noblesse et de la beauté. Emblème et âme du pays, les chevaux sont redevenus les rois de la ville. PHILIPPE BORDAS

Les chevaux se déplacent en liberté, “traversant les avenues bitumées, les ruelles de terre, sautant les trottoirs, patientant au feu rouge près des taxis et des nuées de petits scooters”, raconte Philippe Bordas. Ils s’arrêtent parfois devant les maisons simplement pour paître. PHILIPPE BORDAS

Ouedraogo, qui peut se traduire par étalon ou cheval mâle, fils de la princesse guerrière yennenga et d’un prince malinké en exil, est le fondateur (au XIIe siècle) du royaume mossi en Afrique de l’Ouest. Dans l’ancienne Haute-Volta, dominée par ce royaume, le cheval définit le rang, le prestige, l’appartenance à la grande Histoire. Mais sa majestueuse cavalerie, composée de 10 000 chevaux, a disparu après l’opération de conquête de l’armée française en 1896. PHILIPPE BORDAS

Depuis quelques années, le faste de cette unité équestre, restée présente dans les mémoires, a été ressuscité grâce à l’action d’une famille de cavaliers virtuoses. Les recherches d’historiens burkinabè ont permis de reconstituer les tenues ancestrales. Les jeunes qui perpétuent la tradition sont, pour la plupart, des descendants des cavaliers et des amazones de l’armée de l’ancien roi, le Mogho Naaba. PHILIPPE BORDAS

Flore.

Article précédent
''Nous sommes la révolution'' par Alaa Sater آلاء ساتر ,
Article suivant
Le centre culturel Dawar El Ezba conçu par Ahmed Hossam Saafan