Antoine street artiste français avec son collègue et ami Mathieu, sont à l’origine du projet Street Art Sans Frontieres (SASF) . Ce projet a pour but d’investir l’espace public en réalisant des œuvres artistiques en commun avec les populations, dans des pays où le Street art n’est pas encore vraiment présent.

Quel est votre Parcours ?
Issus tous les deux de la culture Street art et du graffiti, nous avons, suite à nos parcours scolaires respectifs, multiplié les voyages, les aventures et les peintures personnelles autour du globe avant de se décider à monter ce projet et de s’organiser pour mener des actions de plus grandes envergures.

Quels sont vos goûts en matière d’art ?
Nos goûts sont très éclectiques, tous azimuts et ouverts au-delà du Street art et de la peinture… Des performances d’art contemporain au graffiti pur, ou des expériences musicales à la photographie, en passant par l’architecture, le cinéma… On est relativement ouvert et curieux je pense.

Quelles sont vos influences?
Nos influences sont principalement issues du Street art, mais de plus en plus, elles nous viennent d’horizons plus larges comme la publicité ou le graphisme.

Comment avez-vous débuté votre pratique artistique c’est à dire vos interventions en ville (faire du Street art) ?
Nous avons débutés à l’adolescence de manière totalement libre, le jour, la nuit, sur tout type de support avec ou sans autorisation. Pour ma part à l’époque, c’est surtout pour le sentiment de liberté, le côté anonyme et transgressif que je me suis intéressé au Street art. Mais cette première porte ouverte m’a amené à m’intéresser à l’art de manière plus générale, et à voir plus loin. Aujourd’hui la dimension sociale vient s’ajouter à notre travail et c’est le fruit d’une véritable volonté de transmission et de partage.
Comment choisissez-vous vos villes ?
Pour l’instant, nos deux projets ont vu le jour au Maroc et en Côte d’Ivoire parce que nous avions déjà des amis sur place.

L’utilisation des couleurs vives dans vos œuvres a-t-elle une signification particulière ?
Il n’y a pas de signification particulière. Parfois nous travaillons avec des couleurs plus pastel. Mais dans la forme on reste sur des créations claires et très colorées car elles sont censées transmettre des valeurs positives et joyeuses.

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En travaillant avec les populations quel message voulez vous faire passer ?
Le travail avec les populations est avant tout un moyen de créer une interaction, un échange humain. Nous faisons en sorte que les populations participent pour qu’elles s’approprient l’œuvre et qu’elles soient actrices du changement et non seulement spectatrices.

Comment les populations accueillent elles vos projets ?
Jusqu’ici nos interventions sont bien reçues sur place. Tout d’abord nous essuyons un peu de méfiance, des interrogations, les gens comprennent pas trop ce qu’on veut faire et pensent que nous réalisons un travail rémunéré parfois. Mais ensuite, la communication et l’énergie des enfants effacent les doutes, et laissent place à de beaux échanges. Nous avons eu droit à des retours chaleureux et émouvants à plusieurs reprises.

L’art est très souvent associé aux galeries et aux initiés, la population avec laquelle vous collaborez a-t-elle conscience de participer à une œuvre d’art ?
C’est très justement le but de notre projet que de lutter contre cet élitisme d’initié et de transmettre le goût de la création, humble et accessible. Une création libre et détachée de cet univers marchand et renfermé sur lui-même. La conscience de participer à une œuvre d’art vient justement au fil de la réalisation et du dialogue qui s’instaure.

Une fois votre œuvre achevée savez-vous comment évolue-t-elle ?
Nous recevons parfois des photos oui. Comme la plupart des œuvres qui sont réalisées en extérieur, elles sont vouées à évoluer au fil du temps et des intempéries. Et comme la plupart des œuvres sont réalisées dans l’espace public elles peuvent être les proies de dégradations volontaires ou involontaires.

Avez-vous de nouveaux projets en ce moment ?
Les projets ne manquent pas et nous sommes contactés régulièrement pour de nouvelles interventions. Mais le budget nécessaire pour les mettre en œuvre, (bien que relativement modeste), n’est pas suffisant. Nous avons autofinancé en partie nos précédentes actions mais aujourd’hui nous recherchons activement des soutiens matériels et financiers pour pérenniser notre initiative. Actuellement nous travaillons sur un projet à venir sur l’île de Mayotte, qui devrait voir le jour courant 2016.

Travaillez-vous avec d’autres artistes ?
Oui nous sommes ouverts à toutes collaborations et nous cherchons justement à initier un échange avec les artistes locaux que nous rencontrons lors des voyages.

Enfin, que voudriez-vous que l’on retienne de votre art ?
Je voudrais que l’on retienne que c’est un projet humain et universel et qui mérite d’être mené sur du long terme.

Antoine SASF
Pour en savoir plus sur SASF c’est ici

Street Art Sans Frontières au village d’Assinie, Côte d’Ivoire.

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