Esprit libre, et cœur d’esthète.
Mélomane à mes heures perdues.
Créatif pur, auteur d’images et d’harmonie.
Ne peux vivre sans l’Art que je respire, comme d’autres l’air.
Parcours : Douala, Paris, Oxford.
Et tant d’autres villes de mes rêves.
Car le monde m’aspire, toutes les cultures du monde m’inspirent.
Les rencontres aussi.
Alors je peins, dessine, crée.
pour ne pas crier.
Et pour aller à votre rencontre.
Fred Ebami.

1-vous affirmez dans votre biographie que vous êtes un esprit libre. Pourquoi ?

Je suis un esprit libre parce que pour être en paix avec moi-même, il a fallu à un moment donné que je me déconnecte, que je me libère de la société dans laquelle je vis.
J’ai toujours eu des questionnements sur la religion, la famille, l’éducation…, une sorte de remise en question autour de cette société qui m’entoure.

2-Vous êtes mélomane, vous faites du slam (le collectif : on a slamé sur la lune) : y a-t-il un rapport entre le slam et vos œuvres (peintures, illustrations) ?
Le rapport s’est créé il y a de cela 25 ans en grandissant avec mon meilleur ami qui lui est slameur. il arrivait à dire avec des mots et sa voix des choses que je ne pouvais que matérialiser avec des œuvres visuelles.
Le slam et l’écriture, la poésie, les histoires ont un rapport évident avec mes œuvres. Car, quelque part quand je crée j’essaie de raconter une histoire et je la raconte à ma façon selon le rythme, la façon de balancer, le choc, une collaboration, un featuring.

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3-Que représente Douala, Paris, Oxford pour vous ?
Douala c’est les racines, Paris c’est ma culture, Oxford c’est là où je me suis épanoui, où j’ai retrouvé une seconde vie. Oxford comme on dit en anglais (Rebirth).

4-Pourquoi le pop art ?
Le pop art parce que sans le savoir j’ai grandi là-dedans. Je suis un enfant des années 80, la musique à cette époque c’était la New wave, culture club, c’était déjà un monde coloré, et c’est l’époque de Oliviero Toscani, mon maître à penser qui m’a permis d’être vrai dans ce que je fais, de ne pas avoir peur de créer et de délivrer ce que j’ai envie de dire. Dans les années 90 tout le côté flashy, coloré de Warhol, Basquiat pour moi était normal, je ne pourrais pas expliquer le pourquoi du pop art, juste que j’étais dedans.

5-Quel est votre processus de création ?
Mon processus de création part du tout à rien. L’inspiration peut me venir de bruit dans la rue, de personnes qui discutent, d’une scène de vie, du passé, du présent, de choses qui nous entourent. Voilà par exemple un processus de création : ‘ah je peux faire Patrice Lumumba en chemise hawaïenne parce que le zouk, les îles… C’est quelqu’un qui avait des rêves, peut être que ses rêves étaient festifs, tropicaux, colorés, joyeux mais la ligne de pensée de la création demeure Lumumba qui luttait pour une Afrique panafricaine’.

6-Vous faites du pop art, je suppose que vous lisez les comics. Lesquelles sont vos préférés ?
Les comics ont bercé mon enfance. Il y a plusieurs personnages dont Flash, l’araignée mais j’ai adoré Superman pour plusieurs raisons. Il avait des pouvoirs, il était super, il sauvait le monde, il se battait pour que le monde soit meilleur. Au Cameroun il y a Blek le roc, Janus Stark et plein d’autres.
Je n’ai pas la prétention de dire que j’en suis un, mais j’aime bien l’idée d’être un super héros.

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7-Avez-vous déjà imaginé faire des comics made in Africa ?
J’ai fait des comics made in Africa tels que Mandela justement avec un costume s’apparentant à celui de Superman. Des idées mûrissent dans ma tête et j’aimerais prendre mon temps pour les réaliser. Je ne vais pas créer de nouveaux super-héros mais actualiser ces héros qui ont marqué l’Histoire, l’Afrique.

8-Dans vos œuvres vous avez des messages forts que vous véhiculez, d’où viennent-ils ?
Les messages que je véhicule viennent du monde qui m’entoure, de mon éducation, de ma culture européenne et africaine, elles sont innées et elles pourraient être les préoccupations de tout un chacun.
Ces messages sont au fond de nos esprits et moi je ne fais que les transmettre.

9-N’avez-vous pas peur de choquer avec ces messages ?
je n’ai pas peur de choquer car certaines choses de la vie sont choquantes.
J’entends ici les tabous. Parler de ces non-dits c’est éviter le choc, c’est être vrai.
Je me rends compte avec mes premières expositions que ce que je pensais choquant, au final les gens s’y identifiaient, ils venaient me dire : ‘tu dis tout haut ce que nous on pense tout bas’. Donc, pour moi la notion de choc n’existe plus.

10-Quelques Mots pour définir votre signature ?
La passion d’échanger et le pouvoir de rêver.

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www.fred-ebami.com
Crédits : Fred Ebami

Flore.

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