«Au Cœur de la cité» est la toute première exposition personnelle de l’artiste peintre Koffi N’Guessan Nestor dit Aboli Kann. Né le 10 décembre 1964 à Bondoukou, Aboli Kann qui se dit volontiers Peintre Grioticien vit et travaille à Abidjan.

Entre 1989 et 2003, Abolikan explore différents styles et techniques de productions picturales. Ainsi après une formation initiale en peinture d’enseigne à Abidjan, le voilà à l’atelier Kouakou Camille l’un des piliers de l’art naïf de Côte d’Ivoire à Grand Bassam, pour finalement achever cette série de formation par l’apprentissage de la peinture classique à l’atelier du français Christian Debenest à Abidjan.

Au terme de ce périple initiatique et en mesure de mettre ses idées en forme, il doit trouver sa propre expression picturale. Alors, il lui vient en mémoire des souvenirs enfouis d’une étape décisive de son existence. Sa rencontre sur le tard, mais ô combien déterminante avec Niangoran Porquet le maitre de la griotique dans les ultimes moments de sa vie.

De cette brève, mais enrichissante expérience d’avec l’art de la scène aux côtés du maitre Niangoran Porquet, il s’appropriera le principe du découpage scénique des pièces de théâtre pour l’adapter à son support de peinture. Ce qui lui vaut ce style particulier quasi inédit avec la surface de la toile construite à partir d’un ensemble de plusieurs scènes qui se développent chacun de son coté et qui finalement s’imbriquent pour donner un seul tableau.

african-beauty-dim-100x120cm

Une fois ce principe de la représentation acquis, il doit l’assumer en lui donnant un sens. Et s’assumer pour lui c’est être lui-même avec l’affirmation de sa culture africaine authentique, et son environnement social. Pour se faire, il trouve dans son viseur la femme africaine à laquelle il consacre une série de tableaux. Un hommage que l’artiste rend à cette femme africaine qui porte en son sein et par son labeur le continent auquel il l’identifie. Cette série de tableaux issue de sa trouvaille qu’il dénomme « Figuration Libre », lui vaudra de participer en 2010 à l’exposition de groupe intitulée: « Une Mère, Trois Regards » en compagnie de Séni Bamogo et de Serge Gossé à la Galerie Houkami Guyzagn.

Ainsi six ans après, Aboli Kann revient sur les cimaises cette fois pour sa toute première grande exposition personnelle.
Le concept de cette série qui donne la primauté à la ville africaine est conçu avec la symbolique du tisserand et de ses différentes bandelettes de tissu qui mis ensemble constitueront l’étoffe dans ses dimensions voulues. Cette ville typiquement africaine qui tire ses sources de l’Afrique rurale, telle que les africains en quête d’authenticité l’ont rêvé.

La ville bâtie sur des plans, des perspectives, des tracés des rues, d’expériences humaines, et des rapports entre les gens autour d’un idéal commun qui porte son développement.Pour l’artiste, la cité est tout un ensemble de cultures différentes qui cohabitent. La ville africaine que l’on veuille ou non doit refléter notre monde rural. Parce que tout est lié. Il y a des liens visibles et invisibles. L’homme est social, il n’est n’est pas seul, isolé. Les conflits dans les cités africaines pour la plupart du temps ne se règlent pas au commissariat de police, mais au sein des communautés fait-il remarquer. Faisant des chefs des communautés des centres de décision.
Plus qu’une idée d’exposition, C’est une théorie de la ville africaine idéale et authentique que l’artiste aborde dans cette exposition.

les-passants-1-dim-100x60cm
Bien sûr, l’édification de la ville n’est pas uniquement un chantier social, mais le choix d’une gestion de ses espaces publics, de son animation, et de ses activités socio-économiques. Un prétexte pour l’artiste pour s’adonner au fractionnement de ses plans par les lignes configurant les rues où interagissent et fusionnent toutes sortes d’activités. Avec un focal soit sur les coiffures et parures authentiques des ces femmes, des scènes de rues où abondent passants, vendeurs à la criés, couturiers ambulants communément appelé «Tocklo», ou vendeur de café dit «Aboki», scènes de tresses en plein air avec ce foisonnement à profusion des panneaux publicitaires et autres enseignes. En passant par les chaudes ambiances nocturnes des villes africaines et des divertissements éminemment urbains comme le cirque, les espaces verts, et les jazz party. C’est au cœur de cette chaude ambiance colorée de ce qui serait la cité africaine que nous convie l’artiste à travers cette première exposition personnelle.
hasard-scientifique-dim-100x120cm

Crédits Photos : galerie Houkami guyzagn
Texte de Mimi Errol.

Article précédent
La tente Touareg : Une architecture légère et aérienne
Article suivant
ADD donne la voix au public et aux artistes : African Art Fair

Commentaires

N'hésitez pas !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *